Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann

 

EUREKA

Euréka, ah
J'ai trouvé le lacet du soulier de Charlemagne
C'était aux puces à Saint Cloud
On m'en demandait un sou
Ou ou ou ou ou ou ou ou

J'ai cherché vainement à la Banque de France
Les cinq centimes qui me manquent pour me payer ce cadeau fou
Qui ne m'aurait coûté qu'un sou
Ou ou ou ou ou ou ou ou

J'ai perdu une occasion une affaire
Bonne occasion de me taire

Euréka, ah
J'ai trouvé un vieux gibus, un foulard blanc, un omnibus
Dont le conducteur goguenard
M'a pris pour un joyeux fêtard
Tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard,

J'ai cherché mes amis dans la nuit la lune seule m'a souri
Mon ombre s'est collée à moi
Elle, elle et moi nous étions trois
Ois, ois, ois, ois, ois, ois, ois, ois,

J'ai perdu depuis ce temps
Toute la notion du temps

Euréka, ah
J'ai trouvé dans un œuf un cheveu blond un cheveu veuf
C'était dans ma quinzième année
Premier signe de volupté
Té, té, té, té, té, té, té, té, té, té, té

J'ai cherché depuis lors cette poule aux cheveux d'or
Et si j'ai pas mal cassé d'œufs
J'ai jamais pu trouver mieux
Eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu,

J'ai perdu mon cœur heureux
Dans une des coquilles d'œufs
Dans une des coquilles d'œufs

 


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Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann

TOUT ROUGE

Moi je suis né tout rouge
Le blanc de l'œil tout rouge
Je pense et je vois rouge
Car je suis né tout rouge
Cœur dans la main, tout rouge
Tu parles d'un cœur
De tous les rois j'étais le roi des cœurs

Elle a des cheveux tout noirs
Elle a des bas tout noirs
Elle a des yeux noirs
Un rouge à lèvres tout noir
Un petit cœur tout noir
Tu parles d'un cœur
C'était du pique la reine des piques

Sur un roi de trèfle
Elle lui pique son cœur
Moi je lui pique son trèfle
En tout bien atout cœur
Elle m'appelle son cœur
Tu parles d'un cœur
Ce n'était que le trèfle du roi de trèfle

Maintenant sur le carreau
Couché sur le carreau
Couché dans un cachot
Je compte les barreaux
Mon cœur sur le carreau
Tu parles d'un cœur
D'un petit cœur froid sur le carreau froid
D'un petit cœur froid sur le carreau froid

Et je suis né tout rouge
Le blanc de l'œil tout rouge
Je pense et je vois rouge
Car je suis né tout rouge
Cœur dans la main, tout rouge
Tu parles d'un cœur
D'un petit cœur froid sur le carreau froid
D'un petit cœur froid sur le carreau froid
D'un petit cœur froid sur le carreau froid

 

 

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Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann

ISABELLE

Le visage d'Isabelle était tout au même endroit
Comme un paquet de ficelles ficelé par un maladroit
Elle n'avait rien, rien, rien, je l'aimais bien bien
Je ne veux pas faire un cantique
Mais je ne sais pas si je m'explique
Non mais je veux dire...

Qu'elle roulait deux yeux tout terrain dans son visage
Peignée comme une meule de foin par jour d'orage
Elle n'avait rien, rien, rien, je l'aimais bien bien
Je ne veux pas faire un cantique
Mais je ne sais pas si je m'explique
Non mais je veux dire...

Que le visage d'Isabelle avait ce je ne sais quoi
Qui fait qu'une guenon est belle quand elle a trouvé une noix
Elle n'avait rien, rien, rien, je l'aimais bien bien
Je ne veux pas faire un cantique
Mais je ne sais pas si je m'explique
Non mais je veux dire...

Si elle avait eu un chauffeur noir Studbaker blanche
Qu'elle ait eu du chien du savoir qu'elle ait eu de la branche
Elle n'avait rien, rien, rien, moi je l'aimais bien bien
Je ne veux pas faire un cantique
Mais je ne sais pas si je m'explique
Non mais je veux dire...

Que le visage d'Isabelle rajeunit en vieillissant
En souvenir je la vois plus belle que durant ce fameux printemps
Où elle n'avait rien, rien, on était si bien bien
Ses yeux en coin, coin, allaient si loin loin
Si loin, loin, si loin, loin, si loin
Non mais je veux dire...

 

 

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Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann

MA DOUCE

Ah si un jour j'en prends le temps ma douce
Je te strangule sur le champ en douce
Tu sais mes blanches mains d'amant si douces
J'enfonce dans ton larynx blanc mes pouces

Poupée, poulette gentiment tu glousses
Je te casse le fil des ans tu tousses

Hors de ta bouche que tes dents retroussent
Coule un petit filet de sang qui mousse
Ta longue langue bleue pend et m'éclabousse
Accentuant le rictus charmant de ta frimousse

Sirène hors de l'océan tu te trémousses
Quatre petits spasmes affolants, une secousse

Pour sûr que j'en ai pris le temps ma douce
Et je t'ai séché sur le champ en douce
Ton œil noir jadis devient blanc de frousse
C'est pas marrant, moi j'ai les foies blancs, d'la rousse

Alors je fous mon camp pour la Grande Ourse
Sur un satellite tout blanc de course

Mais toi tu as pris la panamérique en Pamplemousse
Et je revois ton spectre blanc à mes trousses
Ah si un jour, un jour j'en reprends le temps ma douce
Je te restrangule sur le champ en redouce
En redouce
En redouce

 

 

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Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

LE SYLPHE
(Paul Valéry)

Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu

Ni vu ni connu
Hasard ou génie
A peine venue
La tâche est finie

Ni lu ni compris
Aux meilleurs esprits
Que d'erreurs promises

Ni vu ni connu
Le temps d'un sein nu
Entre deux chemises

Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu

 

 

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Extrait
Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

LE MONDE  

Le monde
Un deux
Le grand monde
Un deux trois
Le joli monde
Du fond des ondes
Ils se pourlèchent se confondent
Milles baisers révérences profondes
Le joli monde

Le requin noir ricane
Fier dans son plastron blanc
Il blesse un havane
Entre ses blanches dents
Grandes dents blanches dents
Grandes jolies blanches dents
Gaffe à la carie dentaire
Vieux requin du fond des grandes mers
Oui vieux requin du fond des grandes mers

Le roi
Un deux
C'est lui le roi
Du joli monde

Et le vieux crabe mou
Fleur à la boutonnière
Pince-fesse jaloux
Le cœur en bandoulière
Tendre cœur joli cœur
Qui cherche toujours l'âme sœur
Gaffe à l'apoplexie printanière
Vieux crabe mou du fond des grandes mers
Oui vieux crabe mou du fond des grandes mers

Don Juan
Un deux
C'est le Don Juan
Du joli monde

Et le serpent des mers
Qui ondule du dos
Montre un œil à Quimper
Et l'autre à Palavas-les-Flots
Grand serpent beau serpent
Tu ne fais plus peur aux enfants
Gaffe à ta renommée légendaire
Vieux serpent du fond des grandes mers
Oui vieux serpent du fond des grandes mers

Le prophète
Un deux
C'est le prophète
Du joli monde

Anita la baleine
Car elle elle a du poids
Anita sera reine
Et sa grâce fera loi
Anita, Anita ne fais pas ta petite oie
Gaffe à ta bedaine prospère
Vieille mémère du fond des grandes mers
Oui vieille mémère du fond des grandes mers

Le monde
Un deux
Le grand monde
Un deux trois
Le joli monde
Du fond des ondes
Ils se pourlèchent se confondent
Milles baisers révérences profondes
Le joli monde

 

 

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Extrait
Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

ONCLE JULES

Jules avait le nez grand
Si tant que ses narines
Passaient sous ses pieds plats
Et sous un tel tarin
Deux immenses terrines
Tremblaient à chaque pas

Voilà le génie le grand génie
Que tout le monde admire
Tirelire
S'il l'a si grand c'est qu'il est le meilleur
Tirelironfleur

Mon oncle Jules en se rasant
S'est coupé le nez sensiblement
Comme il avait son génie dedans
La moitié au moins a foutu le camp

Voilà le génie le grand génie
Que tout le monde admire
Tirelire
Il se coupe le nez et il a pas peur
Tirelironfleur

Mon oncle Jules se lave les pieds
Le dimanche et les jours fériés
Dernièrement il s'est coupé
Les ongles et le gros doigt de pied

Voilà le génie le grand génie
Que tout le monde admire
Tirelire
Il se coupe l'orteil et il a pas peur
Tirelironfleur

Mon oncle Jules est si myope
Autant plus qu'une vieille taupe
Il bricole et recolle du mieux qu'il peut
Le nez au bout du pied l'orteil entre les yeux

Voilà le génie le grand génie
Que tout le monde admire
Tirelire
Il est pas normal mais c'est bien meilleur
Tirelironfleur

Comme il a l'orteil à la place du nez
Jules ne sent plus guère que les pieds
Et l'hiver quand il est enrhumé
Il se déchausse pour se moucher

Voilà le génie le grand génie
Que tous les gosses admirent
Quoiqu'il fasse et quoi qu'il fit
L'oncle Jules est un génie
Quoiqu'il fasse et quoi qu'il fit
L'oncle Jules est un génie
Ni ni ni ni

 

 

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Extrait
Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

LA PLUIE SUR PARIS  

La statue de bronze du Vert-Galant
Pleure des larmes vert de gris
Les saules pleurent des larmes d'argent
Sur un banc deux amoureux rient
C'est la pluie sur Paris

Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie
Oui
Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie

Sur le bord du toit qui luit de pluie
J'ai trouvé deux oiseaux mouillés
Tu les pris dans notre lit pour la nuit
Je crois bien qu'ils ont gazouillé
Ou alors c'est la pluie

Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie
Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie

Les reines de pierre du Luxembourg
Les reines de France pétrifiées
Regardent la pluie tomber toujours
Leur petit ventre est tout mouillé
De pluie ou bien d'amour

Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie
Oui
Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie

La statue de bronze du Vert-Galant
Pleure des larmes vert de gris
Les saules pleurent des larmes d'argent
Sur un banc deux amoureux rient
C'est la pluie sur Paris

Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie
Oui
Allons tant mieux voilà qu'il pleut
Et puis tant pis voilà la pluie

 

 

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Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

 

Chant : Jean-Pierre Suc
en cabaret avec sa guitare.

LIBERTE, FRATERNITE, EGALITE

Vous qui parlez liberté
Parlez-en à mes pieds et vous verrez
Des années, des années, des années, des années
Qu'ils sont enfermés
Dans des cages acajou appelées souliers
A bouts rapportés
A bout
Mes pieds sont à bout
Tabous
Mes pieds sont à bout
Car mes pieds bouillent du bout du talon jusqu'au bout du pied qui bout
En août, en août
En septembre en octobre en novembre en décembre,
Jusqu'au bout
Oh mes pieds bouillent du bout
Aie mes pieds bouillent du bout
Oh mes pieds bouillent du bout

Vous qui parlez fraternité
Parlez en à mes pieds et vous verrez
Dix petits doigts de pied deux familles au grand complet
Dix petits cousins qui s'adorent et qui sont séparés
Par des cages acajou appelées souliers
A bouts rapportés
A bout
Mes pieds sont à bout
Tabous
Mes pieds sont à bout
Car mes pieds bouillent du bout du talon jusqu'au bout du pied qui bout
En août, en août
En septembre en octobre en novembre en décembre,
Jusqu'au bout
Aie mes pieds bouillent du bout
Oh mes pieds bouillent du bout
Oh mes pieds bouillent du bout

Vous qui parlez égalité
Parlez en à mes pieds et vous verrez
J'ai le pied gauche qui est plus fort que le droitier
Depuis que je suis né tout le monde le sait
Quand j'en ai un qui nage, l'autre est trop serré
Par ces cages acajou appelées souliers
A bouts rapportés
A bout
Mes pieds sont à bout
Tabous
Mes pieds sont à bout
Car mes pieds bouillent du bout du talon jusqu'au bout du pied qui bout
En août, en août
En septembre en octobre en novembre en décembre,
Jusqu'au bout
Aie mes pieds bouillent du bout
Aie mes pieds bouillent du bout
Oh mes pieds bouillent du bout
Du bout du talon jusqu'au bout du pied qui bout
En août

 

 

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Extrait
Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

LA VIOLE

Quand je grattais dessus ta viole
Une même note à l'infini
Tendue pire qu'un chat qui miaule
T'en souviens-tu dis

Te souviens-tu la lune folle
Avait mouillé tes yeux jolis
Quand je grattais dessus ta viole
Ma mélodie

La seule note dont je raffole
La plus folle des mélodies
Jamais plus sur une autre viole
Durant les nuits les nuits

Do mi sol do si c'est l'harmonie
Dont je me fous comme c'est drôle
Si je retrouvais ma mélodie
Dessus ta viole

Quand je grattais dessus ta viole
Une même note à l'infini
Tendue pire qu'un chat qui miaule
T'en souviens-tu dis
T'en souviens-tu

 


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Extrait
Chant : Jean-Pierre Suc
Orchestre : Franck Aussmann (?)

LE VENT DU LARGE  

Ballotté par mes voyages
A pied en bateau à la nage
Je toucherai au port
A l'heure de ma mort

Comme j'ai vécu en marge
Tant mieux si le vent du large
Me transperce le corps
Me transperce le corps

Vont et viennent les vagues
Et le flot furieux
Lave les étoiles
Au fin fond des cieux

Que la vague cicatrise
Une blessure précise
Que me fit l'éternel
Dans mon dernier duel

Et que le sel blanc de la mer
Brûle mes yeux grands ouverts
Qui n'ont jamais su voir
Qui n'ont jamais su voir

Vont et viennent les vagues
Et le flot furieux
Lave les étoiles
Au fin fond des cieux

Que la mouette aux ailes d'ange
Prenne mon coeur et en échange
Je lui dirai merci
Je lui dirai merci

Que l'algue verte m'entortille
Dans ses bras comme une fille
Celle-là que j'ai aimé
Seule que j'ai aimé

Vont et viennent les vagues
Et le flot furieux
Lave les étoiles
Au fin fond des cieux

Que j'entende enfin les sirènes
Qui m'appellent à perdre haleine
Dans la nuit bleue des temps
Nuit bleue de l'océan

Qu'à l'horizon je me confonde
Avec le ciel le vent et l'onde
Comme l'embrun des mers
Comme l'embrun des mers

Là s'arrêtent les vagues
Et le flot furieux
Lave les étoiles
Au fin fond des cieux
Au fin fond des cieux

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